La règle des 3 C : Coalition, Consensus, Compromis conduit à la proportionnelle

Il est temps de changer de logiciel politique et il est important de faire, le plus tôt possible la pédagogie nécessaire à faire comprendre le monde politique nouveau que nous connaissons.

Le constat

Plus aucun parti ni plus aucune coalition, fusse-elle hétéroclite et dénuée de sens, n‘ont de majorité en France.

De fait, la France politique est coupée en sept courants : le Front national, les Républicains, le Centre, le Parti Socialiste social-démocrate, les frondeurs du Parti Socialiste, les écologistes, l’extrême gauche.

Aucun n’est en mesure seul de devenir majoritaire. Ni le Front National, ni la droite dite républicaine LR et UDI, ni le Parti Socialiste si, par miracle il se ressoudait et réunirait la gauche ancienne.

Nous vivons donc dans une fiction majoritaire.

Fiction qui va être entretenue aux régionales puisque la liste arrivée en tête va bénéficier d’une prime de 25 % des sièges et donc paraître optiquement majoritaire même si elle ne l’est pas.

Quelle leçon tirer de ce constat ?

- que le clivage droite gauche sur lequel la vie politique s’organise depuis 1958 est mort.

Il ne faut pas pour autant en déduire que les clivages n’existent plus. Ils sont ailleurs, par exemple entre ceux qui prennent en compte la mondialisation et essaient de s’y adapter et d’en tirer profit et ce qui l’a nient ou la dénoncent et vivent dans un monde passéiste avec des solutions archaïques.

Et pourtant il semblerait que notre monde politique vit autour de ce passé révolu : on est de droite ou de gauche et on ne parle pas au camp d’en face !

Nous vivons dans un débat politique fait d’invectives, de dénonciation permanente, de procès d’intention et où il n’y a jamais de dialogue et nos concitoyens s’en détournent ou le dénoncent par leur vote (50% d’abstention et 30% de vote extrême).

Il est donc grand temps de changer de pratique politique.

Cela ne peut se faire qu’en changeant les institutions et l’état d’esprit.

À l’image de ce qui se pratique dans d’autres grands pays, (ex l’Allemagne) si l’on veut que les problèmes soient traités et des solutions de fond et durables adoptées, il faut donc mettre en œuvre la règle des 3 C et en tirer une conséquence politique institutionnelle.

1 Réhabiliter le principe de Coalition :

Une coalition c’est un accord entre partis politiques différents sur la base d’une volonté de

gouverner ensemble sur un programme convenu et discuté préalablement.

2 Rechercher le Consensus le plus large possible

Les réformes de fond dont notre pays a besoin ne pourront pas se faire sans s’appuyer sur un socle social et politique le plus large possible.

Une réforme qui serait durable ne s’impose pas. Pour se mettre en œuvre et pour fonctionner il faut de l’adhésion et, à tout le moins une abstention positive Ce n’est donc qu’en cherchant à convaincre le plus largement donc à rechercher un consensus que l’on peut y parvenir.

3 réintroduire la pratique du Compromis

Le compromis n’est pas un gros mot. C’est une méthode de résolution des conflits et une recherche de solutions. Il est basé sur le souci d’aboutir à une solution acceptable par toutes les parties et qui intègrent des propositions de tous les membres participants au compromis.

Il n’est toutefois possible qu’au prix d’une introspection préalable de ce que l’on considère comme fondamental et ce sur quoi on ne compromettra jamais.

La conclusion s’impose : il faut changer les institutions pour en permettre l’exercice.

Depuis 1958 nous vivons sous l’emprise de la « dictature » majoritaire et avec un mode de scrutin guillotine qui conduit de fait à éliminer du Parlement les représentants de nombre de nos concitoyens.

C’était possible lorsqu’effectivement il y avait deux blocs politiques identifiables : la droite et la gauche (et un centre toujours allié à la droite…)

Cela ne l’est plus : plus aucun parti n’est majoritaire si ce n’est, si l’on continue dans cette pratique politique celui des abstentionnistes auxquelles il faut ajouter les votes blancs et nuls pour bien appréhender l’ampleur du problème).

Il faut donc, à mon sens rétablir le scrutin proportionnel aux élections législatives.

Il présente deux avantages :

  • il permet d’être le reflet de ce qu’est vraiment la France et personne ne sera exclu du débat parlementaire ou n’aura la tentation de chercher d’autres cénacles d’expression telle la rue où l’abstention, poison mortel de la démocratie.
  • le scrutin proportionnel conduit en l’absence très probable d’un parti majoritaire à lui seul à convenir d’accords politiques donc à une coalition pour pouvoir gouverner en disposant d’une majorité parlementaire d’adhésion.

Comme il est fort probable que ces coalitions réuniront des partis, respectueux de leurs adversaires, prêts à discuter, admettant que l’on puisse ne pas être d’accord sur tout et soucieux du bien public s’il passe par des compromis…on peut donc penser que ces coalitions à venir regrouperont plutôt des membres des partis républicains modérés actuellement illusoirement éloignés.

Pour ma part, je lance donc une pétition nationale d’appel à la mise en place du scrutin proportionnel pour les prochaines élections législatives afin que le futur gouvernement qui sera en charge après les présidentielles n’ait pas, comme il est prévisible, 75 % de la France contre lui mais, au contraire, ré unisse les Français entre eux dans une majorité de gouvernement construite, voulue et durable.

Thierry Cornillet

Vice-Président délégué, ancien Président national du Parti radical Ancien député national et européen

Pour s’associer à cette demande :site:pétitionpublique.fr puis voter à « oui à la proportionnelle »